QUÉBEC-FRANCE Rive-Droite de Québec
 

Le Temps

On dit que le temps arrange tout, il suffit de l'attendre.

Mais qu'il est donc lent, le temps de l'attente.

L'attente de l'ami, qu'on n'a pas vu depuis longtemps.

L'attente des secours, quand survient l'accident.

L'attente de la guérison, quand s'éternise la souffrance.

L'attente du soleil, quand tarde le printemps.

L'attente de la compassion, quand dure l'indifférence.

L'attente du pardon, pour une lointaine offense.

 

Pourtant, il suffit qu'on l'oublie, le temps,

Quand arrive l'ami qu'on attendait depuis longtemps,

Que se réveillent les souvenirs d'antan,

Et qu'on déroule les histoires du bon vieux temps !

Il en profite pour nous échapper et galoper, le temps.

Et quand vient le temps d'aller voir où en est le temps,

On s'aperçoit qu'il a filé comme le vent, le temps,

Et qu'on ne peut le rattraper, le temps.

 

On a parfois envie de l'emprisonner dans les bons moments.

Mais, lent ou rapide, on ne peut l'arrêter de passer, le temps.

Puis quand vient le temps de disposer de notre temps,

On voudrait arrêter, histoire de regarder passer le temps.

Mais on se lasse vite à ne faire que regarder passer le temps.

Alors on proposera à un ami, à qui il ne reste que peu de temps,

De l'accompagner jusqu'au bout de son temps.

On répondra à l'enfant qui nous demande un peu de temps,

Que pour lui, on a tout notre temps... 

En espérant que, quand il ne nous restera que peu de temps,

Quelqu'un aura pour nous, un peu de temps !

 

** Texte de Martial Nouveau, sur Pinterest **

 

*** Photo : Paul Lacasse, Méditation sur la grève en Gaspésie, 2014.

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NEIGE

 

La neige nous met en rêve sur de vastes plaines,

sans traces ni couleur

 

Veille mon coeur, la neige nous met en selle

sur des coursiers d'écume

 

Sonne l'enfance couronnée, la neige nous sacre

en haute mer, plein songe, toutes voiles dehors

 

La neige nous met en magie, blancheur étale,

plumes gonflées où perce l'oeil rouge de cet oiseau

 

Mon coeur; trait de feu sous des palmes de gel

file le sang qui s'émerveille.

 

Anne Hébert, Poèmes, page 88, Éditions du Seuil, 1960.


LE SENS DE LA MER...
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** Photo : Paul Lacasse, Humeurs du fleuve, Côte-Nord, août 2011** 

 

LA MER


J'ai besoin de la mer car elle est ma leçon :

je ne sais si elle m'enseigne la musique ou la conscience;

je ne sais si elle est vague seule ou être profond

ou seulement voix rauque ou bien encore conjecture

éblouissante de navires et de poissons.

Le fait est que même endormi

par tel ou tel art magnétique je circule

dans l'université des vagues.


Il n'y a pas que ces coquillages broyés

comme si une planète tremblante

annonçait un lente mort,

non, avec le fragment je reconstruis le jour,

avec le jet de sel, la stalactite,

et avec une cuillerée de mer, la déesse infinie.


Ce qu'elle m'a appris

je le conserve ! C'est l'air,

le vent incessant, l'eau et le sable.


Cela semble bien peu pour l'homme jeune

qui vint ici vivre avec ses feux et flammes,

et pourtant ce pouls qui montait

et descendait à son abîme,

le froid du bleu qui crépitait

et l'effritement de l'étoile,

le tendre déploiement de la vague

qui gaspille la neige avec l'écume,

le pouvoir paisible et bien ferme

comme un trône de pierre dans la profondeur,

remplacèrent l'enceinte où grandissait

la tristesse obstinée, accumulant l'oubli,

et soudain mon existence changea :

j'adhérai au mouvement pur.


Poète Pablo Neruda


UTILITÉ DE LA POÉSIE...

À quoi ça sert, un poème ?


À quoi ça sert, un poème ?

Ca sert à jouer des mots

comme on joue de la guitare,

de la flûte ou du piano.

Ca sert à faire savoir

qu'on est gai ou qu'on est triste

ou bien d'humeur fantaisiste.


Ca remplace quelques larmes,

Ca fait rire ou ça désarme.

Ca sert à parler de soi

ou bien de n'importe quoi.

C'est un voyage intérieur,

un moyen d'ouvrir son coeur.


À quoi ça sert, un poème ?

Au fond, ça ne sert à rien,

mais ça rend la vie plus belle,

comme un tour de magicien,

un sourire, un arc-en-ciel.


A quoi ça sert, un poème ?

Ca sert à dire «Je t'aime».


H. Major, ( trouvé sur Pinterest )

 

** Photo : Paul Lacasse, La Voix des Guitares, mars 2015 **

 

 

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Nos pensées pour accompagner notre Président Guy-Paul Côté

Sur cette photo prise à l'AGA de Gaspé en juin 2019, on voit Guy-Paul radieux, en compagnie de sa conjointe Gaétanne Samson, ainsi que de Lise Pronovost et Paul Lacasse.

Affecté par la maladie cet été, notre président suit présentement un traitement soutenu de physiothérapie pour se remettre d'un accident cardio-vasculaire.

Nous tenons donc à lui souhaiter une prompte remise en forme, afin de pouvoir continuer son travail, et surtout beaucoup de patience ! Et au rythme assidu où il s'adonne à ses exercices, il parviendra sûrement bientôt à reprendre sa forme d'antan.

Tous nos membres de la Rive-Droite lui souhaitent un prompt rétablissement. 

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Ode à la Femme


je n'ai jamais voulu

les cordes qui m'attachent

le voile qui me couvre

la main levée sur moi

les cicatrices sur mon visage


je n'ai jamais voulu

les marques sur mon cou

les cris dans la cuisine

les mots de possession

les crises de jalousie


je n'ai jamais voulu

disparaître dans l'oubli

devenir un âtre éteint

être l'ombre de ton ombre

me voir effacée avant la mort


je n'ai jamais voulu

être une autre que moi-même

devenir celle qui obéit

me faire celle qui subit

et qui suit

le corps et l'âme en laisse


je n'ai jamais voulu

me tapir sous le boisseau

me faire l'inconnue du silence…


Sous le silence des volcans

on sait que les laves bouillonnent

et que l'énergie des profondeurs

trouve toujours son chemin vers la mer!


tu auras beau menacer

m'attacher, me cacher

m'abreuver de ta colère

tu auras beau tenter de me tuer


je renaîtrai chaque jour

je sourirai à la vie

je me ferai cadeau de moi-même


 

@ Poème et photo : Paul Lacasse 

 
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L'année 2021 sera celle du 50e anniversaire de la fondation de l'Association Québec-France.

Pour cette grande occasion, le Réseau Québec-France / francophonie (c'est son nouveau nom) publiera un Magazine relatant les grandes étapes de notre Association de même que la vie de nos Régionales.

 

MONDE, DÉSERT IMMENSE...

 

La caravane

 

La caravane humaine au Sahara du monde,

Par ce chemin des ans qui n'a pas de retour,

S'en va traînant le pied, brûlée aux feux du jour,

Et buvant sur ses bras la sueur qui l'inonde.

 

Le grand lion rugit et la tempête gronde;

À l'horizon fuyard, ni minaret ni tour;

La seule ombre qu'on ait c'est l'ombre du vautour

Qui traverse le ciel cherchant sa proie immonde.

 

L'on avance toujours et voici que l'on voit

Quelque chose de vert que l'on se montre au doigt :

C'est un bois de cyprès semé de blanches pierres.

 

Dieu, pour vous reposer, dans le désert du temps,

Comme des oasis a mis des cimetières :

Couchez-vous et dormez, voyageurs haletants.

 

Théophile GAUTIER (1811-1872)

 

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L'ASSOCIATION QUÉBEC-FRANCE CÉLÈBRE SES 50 ANS...
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50 ANS







D'ESSOR ET DE RÉSILIENCE


L'Association Québec-France célèbre ses 50 ans en 2021. Elle invite donc chacune des Association régionales à participer à la Fête en décrivant - avec une page et une photo représentative - ce qui fait sa couleur, sa personnalité. Avec rigueur… et avec humour.

Chacun de ces portraits sera réuni dans un Magazine où s'ajouteront également un historique de notre fondation, un résumé des principales étapes de la vie de notre Association, un hommage à diverses personnalités qui l'ont marquée, les Programmes et activités qui ont jalonné son parcours, le rôle majeur de la Maison Fornel dans le soutien de nos activités, les grands moments de notre vie associative… de même que la grande résilience dont nous avons dû faire preuve depuis les 15 dernières années.

Un Comité spécial a été mis sur pied afin d'assurer la production de cette Publication spéciale et lui donner une couleur spécifique qui orientera nos actions des prochaines années. Font partie de ce comité Nicole Blouin, Francine Bouchard, Jacques Fortin, André Poulin, Denis Racine, et Paul Lacasse à titre de coordonnateur et producteur de la Publication. Notre président national André Robert participe également à nos rencontres virtuelles, et l'archiviste Pierre Benoît, qui a colligé tout ce qui s'est écrit et publié sur l'Association Québec-France, agit comme personne ressource indispensable pour l'enrichissement visuel de la future Revue.

Nous souhaitons vivement pouvoir retracer des anciens et des sages qui étaient aux premiers temps de notre Association, autant comme Directeurs généraux, Présidents nationaux, Fondateurs de Régionales, Responsables de Commissions ou de Programmes… afin d'utiliser leur mémoire des événements pour mieux illustrer notre Publication souvenir.

Tous les Présidents des Associations régionales ont été sollicités pour prendre en charge ou confier à un/e Répondant/e la rédaction de leur page régionale. Nous espérons ainsi pouvoir donner à cette publication une vraie couleur régionale exprimant les diverses particularités et richesses de la vie régionale de nos Associations.

Mais nous voulons que cette Revue de notre histoire soit fortement ouverte sur l'avenir immédiat ou prochain de la relation franco-québécoise. C'est ainsi que cette Publication souvenir présentera des pistes d'avenir en vue de réinventer et de solidifier nos relations avec la France.

La publication spéciale parue pour nos 40 ans illustrait bien le dynamisme de notre vie régionale. Nous souhaitons que celle de nos 50 ans soit tout aussi vivante et porteuse de promesses d'avenir concrètes.

 

Le coeur est seul  (extrait)

 

Aimer… Je voudrais aimer !

Qu'un matin, simple et immobile, un bel étranger vienne

         heurter le marteau de ma porte.

Qu'il demande : «Qui es-tu?» Et que ce soit moi qui sorte.

Que je le suive sur les pavés, l'herbe et la montagne,

Que derrière ses pas je m'abreuve à son ombre.

Que sa pupille soit mon souci, mon mobile tourment,

        que son corps soit ma ville

        et que sa main soit mon destin.

Que je lui serve d'oreiller sur le rocher,

        de chaleur dans la plaine

        et de pensée dans l'incertitude.

Que je l'aime à pleurer, mais en silence.

 

Simone Routhier, Les Tentations, La Caravelle, Paris, (1934) 

 

*** Tableau de Marc-Aurèle Fortin ***

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PHARE, FIDÈLE SENTINELLE...
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** Photo : Paul Lacasse, Le Phare du Cap des Rosiers, 2014 **  


Les Sentinelles


Il est un phare blanc au bout d'un promontoire
Ou planté sur le bout de quelque îlot rocheux
Résistant jour et nuit d'un air ostentatoire
Aux tempêtes poussant des vents impétueux.


On voit cette vigie, tel un mât dérisoire,
Coiffée d'un casque rouge et d'un oeil lumineux,
Tenir tête aux assauts, de lointaine mémoire,
Pour guider les bateaux par temps sombre ou brumeux.


Souvent le fleuve est calme où circule un navire
Et la tâche est discrète au fidèle gardien,
Mais qu'arrive l'orage et que l'onde chavire,
La haute tour repart son tournis quotidien.


Près du rivage où affleurent de noirs récifs
Le flot tumultueux a fracassé maints esquifs
Emprisonnant sous l'eau de nombreux équipages
Dont les restes se sont mêlés aux coquillages.


Longtemps après qu'on ait oublié leur histoire,
Parfois ces voyageurs qu'on croit au paradis
Hurlent au pied du phare et dans notre mémoire
Ravivant en nos coeurs d'horribles tragédies.


Combien le Saint-Laurent a vu de tristes fins,
Combien de corps sans vie roulent près des rochers
Faisant tinter leurs os comme de vieux clochers
Sonnant des angelus qu'imitent les dauphins!


* Paul Lacasse, Errances Fluviales (en préparation), été 2020 *


JAMAIS FAIRE À MOITIÉ...
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Le chat et l'oiseau

 

Un village écoute désolé

Le chant d'un oiseau blessé

C'est le seul oiseau du village

Et c'est le seul chat du village

Qui l'a à moitié dévoré

 

Et l'oiseau cesse de chanter

Le chat cesse de ronronner

Et de se lécher le museau

Et le village fait à l'oiseau

De merveilleuses funérailles

 

Et le chat qui est invité

Marche derrière le petit cercueil de paille

Où l'oiseau mort est allongé

Porté par une petite fille

Qui n'arrête pas de pleurer

 

Si j'avais su que cela te fasse tant de peine

Lui dit le chat

Je l'aurais mangé tout entier

Et puis je t'aurais raconté

Que je l'avais vu s'envoler

 

S'envoler jusqu'au bout du monde

Là-bas c'est tellement loin

Que jamais on n'en revient

 

Tu aurais eu moins de chagrin

Simplement de la tristesse et des regrets

 

Il ne faut jamais faire les choses à moitié !

 

 

Jacques Prévert (1900 - 1977)

 

 
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** Photo : Envolée matinale, Turquie, Paul Lacasse, 2008 **

 

Les Yeux

 

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,

Des yeux sans nombre ont vu l'aurore;

Ils dorment au fond des tombeaux

Et le soleil se lève encore.

 

Les nuits, plus douces que les jours,

Ont enchanté des yeux sans nombre;

Les étoiles brillent toujours

Et les yeux se sont remplis d'ombre.

 

Oh! qu'ils aient perdu le regard,

Non, non, cela n'est pas possible !

Ils se sont tournés quelque part

Vers ce qu'on nomme l'invisible;

 

Et comme les astres penchants

Nous quittent, mais au ciel demeurent,

Les prunelles ont leurs couchants

Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :

 

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,

Ouverts à quelque immense aurore,

De l'autre côté des tombeaux

Les yeux qu'on ferme voient encore.

 

 

Sully Prudhomme (1839-1907)

 

L'ARDEUR DU DÉSERT...
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** Photo de Peter Holme III, Tempête de sable, sur Pinterest **

 

Trompeuse torpeur

Désert, solitude, silence.

Sous l'astre, le sable poudroie

L'air est brouillé, comme en démence

Un violent khamsin le charroie.


Les replis sans fin et brûlants

De ce vide immense et trompeur

Ondulent dans l'âpre torpeur

D'ergs millénaires mais changeants.


Et, maintenant figée, la dune,

Dans le froid bleuté de la lune,

S'endort par un calme idéal

Sous le ciel placide et royal.


Mais au jour, un réveil brutal

Gonfle des forces aveuglantes

Sur les caravanes passantes :

Grand nuage obscur et fatal.

 

** Paul Lacasse, «Des Sentiers Ombragés», p. 36 (Bouquinbec), décembre 2019 **

 

Je ne suis pas seul

 

Chargée

de fruits légers aux lèvres

 

Parée

de mille fleurs variées

 

Glorieuse

dans les bras du soleil

 

Heureuse

d'un oiseau familier

 

Ravie

d'une goutte de pluie

 

Plus belle

que le ciel du matin

Fidèle

 

Je parle d'un Jardin

Je rêve

 

Mais j'aime justement

 

** Paul Éluard, Les Médieuses, 1939 **

 

Photo : Paul Lacasse, Iris au Bois de Coulonge, juin 2020

 

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*** Photo libre de droits sur internet ***

 

Fascinant Himalaya (extrait)

 

La vaillante cordée, au pas chorégraphié,

Progresse lentement dans un air raréfié

À l'assaut de ce dieu au front souvent brumeux,

Aux abords hachurés d'escaliers hasardeux,

Et dont chaque alpiniste, agrippé à ses flancs,

S'applique à deviner les traîtres pièges blancs.

 

Voici cet Everest, inaccessible et fameux

Qui hante les désirs des humains ambitieux

Prêts à tout pour poser sur le pic fabuleux,

Embrasser un instant et la terre et les cieux,

Vainqueurs du château-fort aux douves de séracs,

Aux hauts donjons de pierre et parois de granite,

Aux créneaux émaillés de géants nunataks,

Aux solides remparts de l'ultime limite.

 

Chaque ascension forme un défi, que tous redoutent,

Mêlé d'exaltation plus forte que les doutes.

Même après tant d'efforts, tous ne reviennent pas,

La montagne cruelle indiquant le trépas.

À chaque décennie, nombre d'expéditions,

Parties remplies d'espoir, aux grandes ambitions,

Piégées par la tempête, en proie à la détresse,

Parfois mal préparées, succombent à l'ivresse !

 

Ignorant la prudence et grisés de désir,

On voit quelques grimpeurs s'entêter et transir,

Pour finir tristement, laissant leurs corps gelés

Hanter les crevasses des hauts plateaux voilés,

Corps vaincus des vainqueurs que les neiges recouvrent

Avant que les hasards ou les vents les découvrent.

 

** Paul Lacasse, Des Sentiers Ombragés, novembre 2019, pages 40-42 **

 
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