QUÉBEC-FRANCE Rive-Droite de Québec
 

Nos pensées pour accompagner notre Président Guy-Paul Côté

Sur cette photo prise à l'AGA de Gaspé en juin 2019, on voit Guy-Paul radieux, en compagnie de sa conjointe Gaétanne Samson, ainsi que de Lise Pronovost et Paul Lacasse.

Affecté par la maladie cet été, notre président suit présentement un traitement soutenu de physiothérapie pour se remettre d'un accident cardio-vasculaire.

Nous tenons donc à lui souhaiter une prompte remise en forme, afin de pouvoir continuer son travail, et surtout beaucoup de patience ! Et au rythme assidu où il s'adonne à ses exercices, il parviendra sûrement bientôt à reprendre sa forme d'antan.

Tous nos membres de la Rive-Droite lui souhaitent un prompt rétablissement. 

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Ode à la Femme


je n'ai jamais voulu

les cordes qui m'attachent

le voile qui me couvre

la main levée sur moi

les cicatrices sur mon visage


je n'ai jamais voulu

les marques sur mon cou

les cris dans la cuisine

les mots de possession

les crises de jalousie


je n'ai jamais voulu

disparaître dans l'oubli

devenir un âtre éteint

être l'ombre de ton ombre

me voir effacée avant la mort


je n'ai jamais voulu

être une autre que moi-même

devenir celle qui obéit

me faire celle qui subit

et qui suit

le corps et l'âme en laisse


je n'ai jamais voulu

me tapir sous le boisseau

me faire l'inconnue du silence…


Sous le silence des volcans

on sait que les laves bouillonnent

et que l'énergie des profondeurs

trouve toujours son chemin vers la mer!


tu auras beau menacer

m'attacher, me cacher

m'abreuver de ta colère

tu auras beau tenter de me tuer


je renaîtrai chaque jour

je sourirai à la vie

je me ferai cadeau de moi-même


 

@ Poème et photo : Paul Lacasse 

MONDE, DÉSERT IMMENSE...

 

La caravane

 

La caravane humaine au Sahara du monde,

Par ce chemin des ans qui n'a pas de retour,

S'en va traînant le pied, brûlée aux feux du jour,

Et buvant sur ses bras la sueur qui l'inonde.

 

Le grand lion rugit et la tempête gronde;

À l'horizon fuyard, ni minaret ni tour;

La seule ombre qu'on ait c'est l'ombre du vautour

Qui traverse le ciel cherchant sa proie immonde.

 

L'on avance toujours et voici que l'on voit

Quelque chose de vert que l'on se montre au doigt :

C'est un bois de cyprès semé de blanches pierres.

 

Dieu, pour vous reposer, dans le désert du temps,

Comme des oasis a mis des cimetières :

Couchez-vous et dormez, voyageurs haletants.

 

Théophile GAUTIER (1811-1872)

 

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AU NOM DE DIEU... QU'ONT-ILS TOUS FAIT ?
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** Photo : Paul Lacasse, Croix au sommet du mont Ham, août 2007 ** 

 

Les Églises

 

D'énormes monuments où des gredins sinistres,

D'un dieu mort sur la croix se disant les ministres,

Dans l'imbécillité des foules à genoux

Trouveront trop longtemps de quoi beurrer leurs choux.

 

D'énormes monuments que l'astuce des cuistres,

Déchirant en secret d'accusateurs registres,

Ne lavera jamais du sang versé partout

Quand «l'infâme» était reine et le prêtre tabou.

 

D'énormes monuments éclos dans le domaine

Hélas! illimité de la bêtise humaine…

D'énormes monuments, dont l'horreur des bûchers

 

Où flambaient des penseurs les dernières paroles,

Fait l'éclair de nos yeux menacer les coupoles

Et nos désirs vengeurs monter vers les clochers!

 

 

Poèmes anticléricaux d'Eugène Bizeau (1883-1986)


Eugène Bizeau est un poète et chansonnier anarchiste français, né le 29 mai 1883 à Véretz et mort le 16 avril 1989 à Tours à 106 ans. Il collabora à de nombreux périodiques et journaux libertaires de son époque, parmi lesquels Le Libertaire. Il appartint au groupe de la Muse rouge avec Gaston Couté et Aristide Bruant.

 

 
L'ASSOCIATION QUÉBEC-FRANCE CÉLÈBRE SES 50 ANS...
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50 ANS







D'ESSOR ET DE RÉSILIENCE


L'Association Québec-France célèbre ses 50 ans en 2021. Elle invite donc chacune des Association régionales à participer à la Fête en décrivant - avec une page et une photo représentative - ce qui fait sa couleur, sa personnalité. Avec rigueur… et avec humour.

Chacun de ces portraits sera réuni dans un Magazine où s'ajouteront également un historique de notre fondation, un résumé des principales étapes de la vie de notre Association, un hommage à diverses personnalités qui l'ont marquée, les Programmes et activités qui ont jalonné son parcours, le rôle majeur de la Maison Fornel dans le soutien de nos activités, les grands moments de notre vie associative… de même que la grande résilience dont nous avons dû faire preuve depuis les 15 dernières années.

Un Comité spécial a été mis sur pied afin d'assurer la production de cette Publication spéciale et lui donner une couleur spécifique qui orientera nos actions des prochaines années. Font partie de ce comité Nicole Blouin, Francine Bouchard, Jacques Fortin, André Poulin, Denis Racine, et Paul Lacasse à titre de coordonnateur et producteur de la Publication. Notre président national André Robert participe également à nos rencontres virtuelles, et l'archiviste Pierre Benoît, qui a colligé tout ce qui s'est écrit et publié sur l'Association Québec-France, agit comme personne ressource indispensable pour l'enrichissement visuel de la future Revue.

Nous souhaitons vivement pouvoir retracer des anciens et des sages qui étaient aux premiers temps de notre Association, autant comme Directeurs généraux, Présidents nationaux, Fondateurs de Régionales, Responsables de Commissions ou de Programmes… afin d'utiliser leur mémoire des événements pour mieux illustrer notre Publication souvenir.

Tous les Présidents des Associations régionales ont été sollicités pour prendre en charge ou confier à un/e Répondant/e la rédaction de leur page régionale. Nous espérons ainsi pouvoir donner à cette publication une vraie couleur régionale exprimant les diverses particularités et richesses de la vie régionale de nos Associations.

Mais nous voulons que cette Revue de notre histoire soit fortement ouverte sur l'avenir immédiat ou prochain de la relation franco-québécoise. C'est ainsi que cette Publication souvenir présentera des pistes d'avenir en vue de réinventer et de solidifier nos relations avec la France.

La publication spéciale parue pour nos 40 ans illustrait bien le dynamisme de notre vie régionale. Nous souhaitons que celle de nos 50 ans soit tout aussi vivante et porteuse de promesses d'avenir concrètes.

SE MIRER JOUR ET NUIT...
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Vie de Château

 

C'est un château d'ancêtres

Sans table ni feu

Ni poussière ni tapis.

 

L'enchantement pervers de ces lieux

Est tout dans ses miroirs polis.

 

La seule occupation possible ici

Consiste à se mirer jour et nuit.

 

Jette ton image aux fontaines dures

Ta plus dure image sans ombre ni couleur.

 

Vois, ces glaces sont profondes

Comme des armoires,

Toujours quelque mort y habite sous le tain

Et couvre aussitôt ton reflet,

Se colle à toi comme une algue,

 

S'ajuste à toi, mince et nu,

Et simule l'amour en un lent frisson amer.

 

 

Anne Hébert, Poèmes, Éditions du Seuil, 1960.

 

Le coeur est seul  (extrait)

 

Aimer… Je voudrais aimer !

Qu'un matin, simple et immobile, un bel étranger vienne

         heurter le marteau de ma porte.

Qu'il demande : «Qui es-tu?» Et que ce soit moi qui sorte.

Que je le suive sur les pavés, l'herbe et la montagne,

Que derrière ses pas je m'abreuve à son ombre.

Que sa pupille soit mon souci, mon mobile tourment,

        que son corps soit ma ville

        et que sa main soit mon destin.

Que je lui serve d'oreiller sur le rocher,

        de chaleur dans la plaine

        et de pensée dans l'incertitude.

Que je l'aime à pleurer, mais en silence.

 

Simone Routhier, Les Tentations, La Caravelle, Paris, (1934) 

 

*** Tableau de Marc-Aurèle Fortin ***

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ET LA PAROLE SOULEVA LE MONDE...
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Mystère de La Parole

 

Dans un pays tranquille nous avons reçu

la passion du monde, épée nue sur nos deux mains posée

 

Notre coeur ignorait le jour lorsque le feu nous fut

ainsi remis, et sa lumière creusa l'ombre de nos traits

 

C'était avant tout faiblesse, la charité était seule

devançant la crainte et la pudeur

 

Elle inventait l'univers dans la justice première

et nous avions part à cette vocation

dans l'extrême vitalité de notre amour

 

La vie et la mort reçurent en nous droit d'asile,

se regardèrent avec des yeux aveugles,

se touchèrent avec des mains précises

 

Des flèches d'odeur nous atteignirent, nous liant

à la terre comme des blessures en des noces excessives

 

O saisons, rivières, aulnes et fougères, feuilles, fleurs,

bois mouillé, herbes bleues, tout notre avoir saigne

son parfum, bête odorante à notre flanc

 

Les couleurs et les sons nous visitèrent en masse et

par petits groupes foudroyants, tandis que le songe

doublait notre enchantement comme l'orage

cerne le bleu de l'oeil innocent

 

La joie se mit à crier, jeune accouchée à l'odeur sauvagine

sous les joncs. Le printemps délivré fut si beau

qu'il nous prit le coeur avec une seule main… (à suivre)

 

Anne Hébert, Poèmes, 1960, Éditions du Seuil, page 73

PHARE, FIDÈLE SENTINELLE...
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** Photo : Paul Lacasse, Le Phare du Cap des Rosiers, 2014 **  


Les Sentinelles


Il est un phare blanc au bout d'un promontoire
Ou planté sur le bout de quelque îlot rocheux
Résistant jour et nuit d'un air ostentatoire
Aux tempêtes poussant des vents impétueux.


On voit cette vigie, tel un mât dérisoire,
Coiffée d'un casque rouge et d'un oeil lumineux,
Tenir tête aux assauts, de lointaine mémoire,
Pour guider les bateaux par temps sombre ou brumeux.


Souvent le fleuve est calme où circule un navire
Et la tâche est discrète au fidèle gardien,
Mais qu'arrive l'orage et que l'onde chavire,
La haute tour repart son tournis quotidien.


Près du rivage où affleurent de noirs récifs
Le flot tumultueux a fracassé maints esquifs
Emprisonnant sous l'eau de nombreux équipages
Dont les restes se sont mêlés aux coquillages.


Longtemps après qu'on ait oublié leur histoire,
Parfois ces voyageurs qu'on croit au paradis
Hurlent au pied du phare et dans notre mémoire
Ravivant en nos coeurs d'horribles tragédies.


Combien le Saint-Laurent a vu de tristes fins,
Combien de corps sans vie roulent près des rochers
Faisant tinter leurs os comme de vieux clochers
Sonnant des angelus qu'imitent les dauphins!


* Paul Lacasse, Errances Fluviales (en préparation), été 2020 *


JAMAIS FAIRE À MOITIÉ...
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Le chat et l'oiseau

 

Un village écoute désolé

Le chant d'un oiseau blessé

C'est le seul oiseau du village

Et c'est le seul chat du village

Qui l'a à moitié dévoré

 

Et l'oiseau cesse de chanter

Le chat cesse de ronronner

Et de se lécher le museau

Et le village fait à l'oiseau

De merveilleuses funérailles

 

Et le chat qui est invité

Marche derrière le petit cercueil de paille

Où l'oiseau mort est allongé

Porté par une petite fille

Qui n'arrête pas de pleurer

 

Si j'avais su que cela te fasse tant de peine

Lui dit le chat

Je l'aurais mangé tout entier

Et puis je t'aurais raconté

Que je l'avais vu s'envoler

 

S'envoler jusqu'au bout du monde

Là-bas c'est tellement loin

Que jamais on n'en revient

 

Tu aurais eu moins de chagrin

Simplement de la tristesse et des regrets

 

Il ne faut jamais faire les choses à moitié !

 

 

Jacques Prévert (1900 - 1977)

 

DANS UNE GROTTE SOMBRE...
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** Photo : Paul Lacasse, Grotte sombre en Gaspésie, 29 juillet 2014 **

 

Le promenoir des deux amants

 

Auprès de cette Grotte sombre

Où l'on respire un air si doux,

L'onde lutte avec les cailloux,

Et la lumière avecque l'ombre.

 

Ces flots lassés de l'exercice

Qu'ils ont fait dessus ce gravier,

Se reposent dans ce Vivier

Où mourut autrefois Narcisse…

 

L'ombre de cette fleur vermeille,

Et celle de ces joncs pendants

Paraissent être là-dedans

Les songes de l'eau qui sommeille.

 

Dans ce bois, ni dans ces montagnes,

Jamais chasseur ne vint encor :

Si quelqu'un y sonne du Cor,

C'est Diane avec ses compagnes.

 

Ce vieux chêne a des marques saintes;

Sans doute qui le couperait,

Le sang chaud en découlerait

Et l'arbre pousserait des plaintes.

 

Ce Rossignol mélancolique

Du souvenir de son malheur

Tâche de charmer sa douleur,

Mettant son Histoire en musique.

 

Sur ce frêne deux Tourterelles

S'entretiennent de leurs tourments

Et font les doux appointements

De leurs amoureuses querelles…

 

Dans toutes ces routes divines,

Les Nymphes dansent aux chansons

Et donnent la grâce aux buissons

De porter des fleurs sans épines.

 

Jamais les vents ni le Tonnerre

N'ont troublé la paix de ces lieux,

Et la complaisance des Cieux

Y sourit toujours à la Terre.

 

Penche la tête sur cette Onde

Dont le cristal paraît si noir;

Je t'y veux faire apercevoir

L'objet le plus charmant du monde.

 

Vois mille Amours qui se vont prendre

Dans les filets de tes cheveux,

Et d'autres qui cachent leurs feux

Dessous une si belle cendre…

 

Veux-tu par un doux privilège

Me mettre au-dessus des humains?

Fais-moi boire au creux de tes mains

Si l'eau n'en dissout point la neige…

 

 

Tristan L'Hermite (1601 – 1655 )

 

 

ENFANT, DORS...

Rondel

 

Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles !

Il n'est plus de nuits, il n'est plus de jours,

Dors… en attendant venir toutes celles

Qui disaient : Jamais ! Qui disaient : Toujours !

 

Entends-tu leurs pas ?… Ils ne sont pas lourds :

Oh ! les pieds légers !… l'Amour a des ailes…

Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles!

Entends-tu leurs voix ?… Les caveaux sont sourds.

 

Dors : il pèse peu, ton faix d'immortelles;

Ils ne viendront pas, tes amis les ours,

Jeter leur pavé sur tes demoiselles…

Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles !

 

Tristan Corbière (1845-1875)

 

** Photo : Il fait noir, dors ! - Paul Lacasse, Mont Mégantic, octobre 2008 **

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** Photo : Envolée matinale, Turquie, Paul Lacasse, 2008 **

 

Les Yeux

 

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,

Des yeux sans nombre ont vu l'aurore;

Ils dorment au fond des tombeaux

Et le soleil se lève encore.

 

Les nuits, plus douces que les jours,

Ont enchanté des yeux sans nombre;

Les étoiles brillent toujours

Et les yeux se sont remplis d'ombre.

 

Oh! qu'ils aient perdu le regard,

Non, non, cela n'est pas possible !

Ils se sont tournés quelque part

Vers ce qu'on nomme l'invisible;

 

Et comme les astres penchants

Nous quittent, mais au ciel demeurent,

Les prunelles ont leurs couchants

Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :

 

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,

Ouverts à quelque immense aurore,

De l'autre côté des tombeaux

Les yeux qu'on ferme voient encore.

 

 

Sully Prudhomme (1839-1907)

 

L'ARDEUR DU DÉSERT...
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** Photo de Peter Holme III, Tempête de sable, sur Pinterest **

 

Trompeuse torpeur

Désert, solitude, silence.

Sous l'astre, le sable poudroie

L'air est brouillé, comme en démence

Un violent khamsin le charroie.


Les replis sans fin et brûlants

De ce vide immense et trompeur

Ondulent dans l'âpre torpeur

D'ergs millénaires mais changeants.


Et, maintenant figée, la dune,

Dans le froid bleuté de la lune,

S'endort par un calme idéal

Sous le ciel placide et royal.


Mais au jour, un réveil brutal

Gonfle des forces aveuglantes

Sur les caravanes passantes :

Grand nuage obscur et fatal.

 

** Paul Lacasse, «Des Sentiers Ombragés», p. 36 (Bouquinbec), décembre 2019 **

 

Je ne suis pas seul

 

Chargée

de fruits légers aux lèvres

 

Parée

de mille fleurs variées

 

Glorieuse

dans les bras du soleil

 

Heureuse

d'un oiseau familier

 

Ravie

d'une goutte de pluie

 

Plus belle

que le ciel du matin

Fidèle

 

Je parle d'un Jardin

Je rêve

 

Mais j'aime justement

 

** Paul Éluard, Les Médieuses, 1939 **

 

Photo : Paul Lacasse, Iris au Bois de Coulonge, juin 2020

 

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*** Photo libre de droits sur internet ***

 

Fascinant Himalaya (extrait)

 

La vaillante cordée, au pas chorégraphié,

Progresse lentement dans un air raréfié

À l'assaut de ce dieu au front souvent brumeux,

Aux abords hachurés d'escaliers hasardeux,

Et dont chaque alpiniste, agrippé à ses flancs,

S'applique à deviner les traîtres pièges blancs.

 

Voici cet Everest, inaccessible et fameux

Qui hante les désirs des humains ambitieux

Prêts à tout pour poser sur le pic fabuleux,

Embrasser un instant et la terre et les cieux,

Vainqueurs du château-fort aux douves de séracs,

Aux hauts donjons de pierre et parois de granite,

Aux créneaux émaillés de géants nunataks,

Aux solides remparts de l'ultime limite.

 

Chaque ascension forme un défi, que tous redoutent,

Mêlé d'exaltation plus forte que les doutes.

Même après tant d'efforts, tous ne reviennent pas,

La montagne cruelle indiquant le trépas.

À chaque décennie, nombre d'expéditions,

Parties remplies d'espoir, aux grandes ambitions,

Piégées par la tempête, en proie à la détresse,

Parfois mal préparées, succombent à l'ivresse !

 

Ignorant la prudence et grisés de désir,

On voit quelques grimpeurs s'entêter et transir,

Pour finir tristement, laissant leurs corps gelés

Hanter les crevasses des hauts plateaux voilés,

Corps vaincus des vainqueurs que les neiges recouvrent

Avant que les hasards ou les vents les découvrent.

 

** Paul Lacasse, Des Sentiers Ombragés, novembre 2019, pages 40-42 **

 

VISION

 

Une lune étrange

Glisse entre les nuages

Le vent du crépuscule

Déhanche les elfes


Sur l'étang ondoient

De pâles silhouettes

Cheveux de lin

Chants de sirènes


Dans le ciel sombre

Passent des ombres

Mirage et chaos

Horrible spirale


Le néant m'hypnotise

Il roule dans ma tête

Des âmes errantes

Accrochent mes chimères


L'enfer est sous mes pas

Volcan né d'une faille

Bouillonnant cratère

Perdant ses eaux brûlantes


Accouchant sa lave

entrailles de cendre

Écume incandescente

blanchie au clair de lune.

 

* Françoise Chapron *


** Photo : Paul Lacasse, Dernières lueurs sur le fleuve, Cap-Rouge, 26 décembre 2010 ** 

 

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SAVOIR PARTAGER SON PAIN...

Serions-nous plus humains?

 

Si l'on savait

rompre le pain

l'offrir au passant

 

si l'on savait

que l'horizon

allume les lampes

de tous les chemins

 

serions-nous de meilleurs humains?

 


@ Marcil Cossette, Du vent sur les épaules, p. 49, Éditions du Wampum, 2019.

 

PHOTO : Paul Lacasse

 
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